En Inde, nous avons tellement de cérémonies de la vie ! Chaque hindou passe ou est censé passer par 16 étapes importantes et des dizaines d’autres de moindre importance. Ainsi, on s'occupe des siens et on est invité à ceux des autres – voisins, cousins, oncles tantes, personnes originaires du même village natal, leurs cousins, leurs oncles, leurs tantes, leurs voisins, etc.

Et si l’on a de la chance, on est entouré de quelques musulmans et de quelques chrétiens aussi – nous sommes donc également invités à leurs cérémonies.

Et ainsi, pendant mes jours à Mumbai, je pourrais facilement assister à des cérémonies 366 jours sur 365 dans une année !

D'accord, c'est une exagération… la réalité pourrait être, disons, 365 sur 365. Eh bien, au moins, c'est ce que l'on ressent !

Les cérémonies commencent au moment des fiançailles. Fiançailles, cérémonies précédant le mariage, mariages, quand la mariée part pour la maison de son mari, quand elle revient pour la première fois de la maison de son mari, quand ils arrivent pour la reprendre, quand le bébé est sur le point de naître, quand le bébé est né, quand les écrivains du destin du bébé sont appelés du ciel, quand le bébé reçoit un nom, quand on lui donne son premier morceau de nourriture, quand le bébé commence son éducation, quand il obtient son diplôme, quand elle…..

La liste est longue et longue…

Ainsi, assister aux cérémonies de sa famille immédiate, de sa famille élargie, de ses voisins et de son village peut en réalité être un événement quotidien du calendrier.

Et donc le corollaire est que les vêtements que je porte lors de ces cérémonies sont en fait des vêtements de cérémonie.

Un peu de soie ou de tissu spécial ou un peu de paillettes ou un tissage spécial qui prend du temps ou une autre forme d'art/artisanat textile… quelque chose de plus, quelque chose de spécial, quelque chose qui le distingue et nous avons créé le textile de cérémonie – le textile adapté pour célébrer une cérémonie ou un festival !

De plus, les concepts de « mode » et de « saison » ne s'appliquent pas aux saris classiques (ou aux vêtements traditionnels). Un Kanjeevaram du dernier saison ? Un Banarasi qui n'est plus à la mode ? Je n’en ai jamais entendu parler et je ne comprends toujours pas le concept de « démodé ».

Les classiques sont permanents.

Il n’est jamais nécessaire de les mettre à la retraite. Chacun gagne une place permanente dans la garde-robe qui ne fait que s’étoffer au fil des années….

Au fur et à mesure que la vie passe et nous confie des souvenirs à collectionner, ces textiles cérémoniaux deviennent les hameçons qui repêchent ces souvenirs.

Et donc jeter un coup d’œil dans mes étagères de sari de cérémonie me réchauffe le cœur – pas seulement pour la beauté de l’art mais à cause de toutes les histoires que j’y ai vécues. Chacun a été soigneusement peaufiné et revisité avec l’œil de l’esprit. Tout est revenu à travers ce textile : les émotions, les gens et certaines conversations, les scènes d'activités rituelles, la signification du moment qui alourdissait l'image et, surtout, une bouffée du parfum de la fille que j'étais à ce moment-là !

Un si beau moment à regarder le film de sa propre vie… avec toutes ses tragédies, ses joies et ses expériences profondes. Tout cela m’a été apporté – non pas par la 20th Century Fox mais par les saris du 20e siècle !

Voici le premier sari que j'ai acheté avec 1/3 de mon salaire chez Unilever en 1987. Cela a fait des ravages dans mon budget mensuel – j'ai probablement dû marcher au lieu de prendre le bus et sauter quelques vada-pavs – mais cela en valait la peine – ce classique est toujours aussi époustouflant (et solide) qu'il l'était à l'époque.


Le sari s'est connecté au festival Kite Flying dans notre maison de Bombay en 2005 avec l'aide du gamin n°3 (maintenant âgé de 21 ans !!!).


L'imprimé bleu utilisé pour réconforter un ami malade


Les précieux Odisha Ikats portés quotidiennement en Inde.


Les tissages de soie Upada, très répandus


Les Chanderis & Gadwals & les tissages Mekhla

Un Banarasi de 1985


Et un autre dont j’ai hérité de ma grand-mère – je ne savais pas qu’ils étaient fans du Roi Lion à l’époque !


Et enfin le Jamdani blanc porté lors d'une bien triste journée dédiée à ma grand-mère !


Le cercle de la vie continue…

Et ces textiles de cérémonie deviennent d’autant plus précieux – non pas à cause de la chaîne, de la trame et de l’or qui y sont tissés – mais à cause des souvenirs qui y sont tissés.

 

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Réminiscences matinales après avoir profité de la profonde beauté des choses qui ont vécu et aimé avec moi au cours des dernières décennies !

 

Mars 2018

Bombay

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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